La mémoire du projet : arrêter de tout réexpliquer
Un fichier de mémoire (CLAUDE.md) posé dans votre dossier, et Claude connaît vos règles à chaque session : nommage, langue, interdits, rangement. Cas pratique sur un tri de documents. Module 6.
- Comprendre pourquoi chaque session repart de zéro, et ce qu'un fichier de mémoire change
- Rédiger une mémoire de projet utile sans écrire de code : nommage, langue, interdits, rangement
- Créer et modifier ce fichier depuis l'application, en français ou avec /memory
Vous expliquez vos règles de nommage à Claude. Ce qu’il ne doit jamais toucher. Le ton que vous attendez. Puis vous fermez la session — et le lendemain, tout est à refaire. Ce module règle le problème une fois pour toutes, avec un simple fichier posé dans votre dossier.
Ce que vous allez apprendre
- Pourquoi chaque session repart d’une page blanche
- Ce qu’on met dans une mémoire de projet quand on ne code pas
- Comment la créer et la modifier depuis l’application
- La différence entre mémoire du projet et préférences personnelles
- Un cas pratique : consigner les règles de classement d’un tri de documents
Le problème, et le fichier qui le résout
Une session, c’est une conversation plus un dossier. Tout ce que Claude apprend de vous pendant cette conversation vit dans son contexte — sa mémoire de travail — et s’efface à la fermeture.
| Sans mémoire de projet | Avec une mémoire de projet |
|---|---|
| Vous réexpliquez vos règles à chaque session | Elles sont lues à l’ouverture du dossier |
| Les résultats varient d’une fois sur l’autre | Le même dossier donne le même traitement |
| Les interdits reposent sur votre vigilance | Ils sont écrits noir sur blanc |
La solution est un fichier texte nommé CLAUDE.md, placé à la racine du dossier de travail. Claude le lit automatiquement quand il ouvre ce dossier : son contenu s’applique à toutes les sessions suivantes, et à toute personne qui ouvre le même dossier. Le nom du fichier ne se choisit pas ; son contenu, si.
Ce qu’on met dedans
Une question suffit à trier : qu’est-ce que je réexplique à chaque fois ?
| Famille | Exemple de ligne |
|---|---|
| Langue et ton | Répondre en français, sans jargon |
| Nommage des fichiers | sujet-annee-detail, minuscules, sans accent ni espace |
| Interdits | Ne jamais modifier le dossier « Originaux scannés » |
| Rangement | Un sous-dossier par thème, jamais de sous-sous-dossier |
| Règles de classement | Tout cas douteux part dans « À vérifier » |
| Méthode | Proposer un plan avant toute réorganisation |
Voici à quoi ressemble une mémoire complète pour un dossier de documents personnels. Une douzaine de lignes suffisent :
# Mémoire du projet — dossier « Papiers de famille »
Réponds en français, sans jargon.
Noms de fichiers : sujet-annee-detail, en minuscules, sans accent ni espace.
Ne nomme JAMAIS un fichier d'après sa date système : lis son contenu.
Ne supprime aucun fichier, même en double : garde « version 1 » et « version 2 ».
Ne touche jamais au dossier « Originaux scannés ».
Tout document que tu n'identifies pas va dans « À vérifier », sans être renommé.
Un sous-dossier par thème : Impôts, Santé, Véhicules, Logement, Scolarité.
Avant toute réorganisation : propose un plan, n'exécute rien.
Ne cite aucun nom de personne dans les noms de fichiers : « identite », « contrat ».
💡 Astuce — Court et impératif bat long et bavard. Chaque ligne est relue à chaque session : un fichier qui tient sur un écran est mieux suivi qu’une notice de trois pages.
Créer et modifier le fichier dans l’application
Deux chemins, tous les deux dans l’application.
Le demander en français. C’est le plus simple :
Crée à la racine de ce dossier un fichier de mémoire de projet
(CLAUDE.md) qui reprend les règles que je viens de te donner.
Reste court : une règle par ligne, à l'impératif.
Claude propose le fichier, l’application affiche la comparaison avant/après, vous acceptez — exactement comme pour n’importe quelle modification (module 4). En mode Manual, rien n’est écrit sans votre accord.
Passer par la commande. Tapez / dans la zone de saisie : la liste des commandes s’ouvre. /memory donne accès à vos fichiers de mémoire, pour les relire et les modifier.
⚠️ Piège courant — Écrire des règles d’intention : « sois rigoureux », « fais attention ». Elles ne se vérifient pas, donc elles ne changent rien. Une bonne règle se contrôle d’un coup d’œil : « minuscules, sans accent », « un sous-dossier par thème », « ne touche pas à X ».
Mémoire du projet ou préférence personnelle
Deux choses différentes, qu’on confond souvent.
| Mémoire du projet | Préférences personnelles | |
|---|---|---|
| Où | Dans le dossier de travail | À part, hors du dossier |
| Portée | Ce dossier, pour tous ceux qui l’ouvrent | Vous, dans tous vos dossiers |
| Contenu type | Nommage, interdits, rangement, vocabulaire | Langue, ton, niveau de détail attendu |
Le test est simple : une consigne qui n’a de sens que dans ce dossier va dans la mémoire du projet. Une habitude qui vous suivrait dans un autre dossier relève de vos préférences.
Et dans les deux cas, une règle absolue : aucun mot de passe, aucun code d’accès, aucune donnée sensible dans ces fichiers. Ils sont faits pour être lus et partagés.
Cas pratique : consigner les règles issues du tri
Reprenons le dossier de papiers de famille des modules précédents. Le tri est terminé, et il a produit quatre règles qu’on n’a pas envie de redécouvrir au prochain lot.
| Règle | Pourquoi elle existe |
|---|---|
| Nommer d’après le contenu, jamais d’après la date du fichier | Les horloges de scanner mentent : des scans récents portaient des dates de 2015 |
| Isoler tout cas douteux dans « À vérifier » | Mieux vaut cinq fichiers en attente qu’un seul mal classé |
| Conserver les doublons en « version 1 » / « version 2 » | Aucune suppression : on ne sait pas encore laquelle est la bonne |
| Un plan avant toute exécution | Corriger un plan prend trente secondes |
La demande qui les grave dans la mémoire du dossier :
Ajoute ces règles à la mémoire du projet, pour que tu les appliques
à chaque tri de documents dans ce dossier : nommer d'après le contenu
et jamais d'après la date du fichier ; mettre tout document non
identifié dans « À vérifier » sans le renommer ; ne jamais supprimer
un doublon mais le garder en « version 2 ».
Le résultat se voit au lot suivant. Trente nouveaux scans arrivent. La demande tient désormais en une phrase : « trie ce nouveau lot comme le précédent ». Même convention de nommage, mêmes cas douteux mis de côté, aucun doublon supprimé — sans qu’une seule règle ait été réexpliquée. C’est là que la mémoire du projet se rentabilise : au deuxième passage.
💡 Astuce — La règle des deux fois. La première fois que vous corrigez Claude sur un point, laissez passer. La deuxième fois que vous tapez la même correction, arrêtez-vous : cette consigne mérite une ligne dans la mémoire du projet.
À vous de jouer
- Listez trois consignes que vous avez déjà répétées à Claude sur un de vos dossiers : une règle de nommage, un interdit, une règle de rangement.
- Faites créer le fichier : ouvrez le dossier dans l’onglet Code et demandez, en français, une mémoire de projet reprenant ces trois consignes, une par ligne.
- Relisez la comparaison avant/après puis acceptez. Ouvrez ensuite le fichier pour le lire tel qu’il a été écrit.
- Testez l’effet : ouvrez une nouvelle session (Ctrl+N) sur le même dossier et demandez « quelles règles dois-tu respecter dans ce dossier ? ». Si Claude les récite, votre mémoire fonctionne.
- Tapez /memory pour voir comment accéder à vos fichiers de mémoire depuis l’application.
En résumé
- Chaque session repart d’un contexte vierge : ce qui n’est pas écrit est perdu.
- La mémoire du projet est un fichier CLAUDE.md à la racine du dossier, relu automatiquement à chaque ouverture.
- Contenu utile sans coder : langue et ton, nommage, interdits, rangement, règles de classement, méthode de travail.
- Court, impératif, vérifiable. Pas de règles d’intention, pas de romans, jamais de données sensibles.
- On la crée en le demandant en français ; /memory donne accès aux fichiers de mémoire.
- Mémoire du projet = le dossier et tous ceux qui l’ouvrent. Préférences personnelles = vous, partout.
- On l’enrichit dès qu’on se surprend à répéter une consigne pour la deuxième fois.
Les termes croisés ici — contexte, markdown, session — sont définis dans notre glossaire.
Module 7 : régler l’application à votre main — commandes, raccourcis, panneaux et maîtrise de la consommation.
Testen Sie Ihr Wissen
Vous passez une session à expliquer vos règles de nommage à Claude, puis vous fermez la session. Le lendemain, vous rouvrez le même dossier. Que sait-il de vos règles ?
Ce que Claude apprend pendant une conversation vit dans son contexte, sa mémoire de travail, et disparaît avec la session. Seul un fichier de mémoire posé dans le dossier est relu à chaque ouverture.
« Réponds-moi toujours en français et sans jargon » : où cette consigne a-t-elle le plus sa place ?
La mémoire du projet décrit le dossier : nommage, interdits, rangement. Une préférence de langue ou de ton vous concerne, vous, partout — elle appartient à vos préférences personnelles, pas au dossier partagé.
Dans le cas pratique du module, pourquoi la mémoire du projet interdit-elle de nommer un fichier d'après la date du fichier ?
C'est le piège rencontré lors du tri : des scans datés 2015 par le système contenaient des documents bien plus récents. La règle consignée une fois — nommer d'après le contenu — évite de refaire l'erreur à chaque lot.
Vous voulez créer ce fichier de mémoire depuis l'application de bureau. Quelle approche est fiable ?
Dans l'application, /memory donne accès aux fichiers de mémoire, et vous pouvez simplement demander à Claude, en français, de créer ou de compléter le fichier. La commande /init n'est pas documentée pour l'application : ne comptez pas sur elle.
Quel type de ligne fonctionne le mieux dans une mémoire de projet ?
Une règle vérifiable se contrôle d'un coup d'œil : soit le nom est en minuscules, soit il ne l'est pas. Une consigne d'intention ne se vérifie pas et n'a donc aucun effet mesurable sur le résultat.